MURS DE L’ATLANTIQUE est un projet autour du territoire breton, qui propose un dialogue visuel entre deux phénomènes: les restes du Mur de l’Atlantique (blockhaus, bunkers) qui occupent le littoral de manière lourde et permanente; et les free-parties, ces fêtes illégales qui apparaissent spontanément dans les campagnes et sur les côtes.

Murs de béton

Des concasseurs de galets de Tréguennec à la batterie militaire Kéringar de la pointe Saint-Mathieu, les chemins du littoral breton sont jalonnés de nombreuses constructions bétonnées aussi austères qu’inaltérables. Rares sont les cartes qui en indiquent la position. Ces structures grisâtres constellent le paysage tout en endossant le vague statut de ruines encombrantes - partiellement recouvertes de végétation, enfoncées dans la terre et affrontant l'océan, ces silhouettes massives résistent au temps mais également à l’oubli.

Murs de son

Au sein de ce même territoire, au détour d'une zone isolée de campagne, dans la périphérie des villes ou le long du littoral, les free parties apparaissent çà et là. Usines en friche, terres sans culture, hangars déserts ou bâtiments désaffectés deviennent le théâtre de fêtes sauvages, pour la durée d’une nuit ou deux. Amas de bâches, de tentes, groupes électrogènes et convois de camions, ces rassemblements illégaux, héritiers des utopies pirates, fonctionnent à la manière des "Zones Autonomes Temporaires": à peine installés quelque part, ils s'effacent avant d'être repérés, pour renaître ailleurs.

Îlots de liberté pour certains, zones de non-droit pour d’autres... Leur caractère éphémère et clandestin leur permet de perdurer en se renouvelant sans cesse. Chaque week-end, la fête se déplace dans un nouveau lieu, tenu secret jusqu’à la dernière heure, où résonnent les basses d’une techno radicale.

La TAZ est une opération de guérilla qui libère une zone (de terrain, de temps, d’imagination) puis se dissout, avant que l’État ne l’écrase. - Hakim Bey

Dispositif d'installation

MURS DE L'ATLANTIQUE offre un regard sur le territoire et questionne la notion d'occupation, de mur, de cartographie et de résistance. C'est un ensemble pensé pour un dispositif d'installation. Les publications auto-produites, au même titre que les photographies et fragments de blockhaus (glanés lors de chantiers de démolition) deviennent des éléments de l'installation globale.